Daaray Sembène est une société individuelle et à ce titre, elle ne bénéficie d’aucune subvention publique. Un tel statut procède d’un choix murement réfléchi, car Daaray Sembène veut être et rester libre. D’après Hadja Maimouna Niang, si elle avait accepté de l’argent public dès le début de l’aventure, cela lui aurait forcément couté quelque chose, et elle ne se serait donc pas totalement indépendante. Le statut de société individuelle la libère, et à son tour, elle devient donc émancipée.

Les sources de financement de Daaray Sembène sont, pour l’instant, essentiellement constituées des ressources mises à disposition par des mécènes, ainsi que des cotisations des étudiants. Ces derniers donnent à la fin de chaque mois une somme symbolique, appelée aalarba (dans les écoles coraniques traditionnelles, l’aalarba correspond à la somme de sa convenance que l’élève donne à son maitre coranique, pour le dédommager des efforts qu’il a consenti). Hadja Maimouna Niang n’a jamais souhaité accordé des bourses de gratuité, parce que ce serait, selon elle, contraire à l’idéologie professée par Sembène, qui était contre le principe de l’aide (et en particulier de l’aide internationale), et qui aimait à lui dire : « un fainéant on l’aide, et un vaillant ou un brave, on le soutient ». C’est parce qu’elle a bien retenu la leçon que Hadja Maimouna Niang est convaincue que Daaray Sembène ne doit pas accorder des bourses de gratuité. Selon elle, il est important que la personne contribue financièrement, même si c’est à un niveau modique. Quand c’est gratuit ou presque gratuit, cela ne marche, tel est en tout cas le retour d’expérience de Daaray Sembène.

C’est aussi pour cela que les droits d’inscription ont été relevés à 5.000 F CFA.